dimanche 10 janvier 2010

Fin d'après-midi à Paimbœuf

Ça se passe après le boulot. Juste au bout de la rue sur laquelle donne le collège. Il y a un portail en tôle ondulée, entrouvert. Derrière, un terrain vague et puis la Loire. Lorsqu'on prend l'angle en voiture, on voit dépasser une cheminée qui paraît étrangement basse.

Je regarde autour de moi et j'entre sur le terrain.

Bizarre ce résidu d'habitat. Je ne percute pas tout de suite... Je me dirige vers une sorte de garage à l'abandon, sur le bord du terrain. Les habituelles bouteilles de bière cassées et les tags, l'odeur de pisse se noie dans celle du goémon sur la grève en contre-bas.

A deux pas du seuil, des façades de maison en fausses briques. Le même "R" en fer forgé que sur la cheminée. C'est quoi ce bordel ? Un décor de cinéma ?!




Je marche jusque la corniche, les herbes hautes cachent mal tout un tas de détritus. Les déchets d'homme jonchent le sol et lorsque le regard se pose sur l'horizon, on se croit ailleurs.

Mais bon sang, cette carcasse est menaçante, elle pèse lourd sur la vase. Je m'approche, je la contourne. Je marche sur les rails. Lorsque je pose le pied juste à côté, je m'enfonce jusqu'à la cheville. Il faut que je me dégage de là avant de m'écorcher le pied sur un morceau de verre ou de fer. C'est là que je me rends compte de ce que j'ai devant moi. La charpente en fer, les panneaux en faux-semblant : ce sont les restes de la maison flottante qui s'était renversée dans la Loire à l'été 2007. Ils appellent ça la Biennale d'Art contemporain et Tot** sponsorise. La raffinerie est juste en face.

Je suis abasourdi. Jusqu'où va la bêtise des gens pour laisser un gros machin de ferraille rouiller comme ça sur le bord de la Loire pendant 2 ans et demi...


Je ressors du terrain, je suis à deux pas du centre. Les maisons autour ont leurs volets clos côté Loire. Deux jeunes m'interpellent sur le trottoir d'en face. Ils me demandent ce que je peux bien trouver à photographier par ici. Ben, l'occasion fait le larron, quoi.




Il commence à faire sombre par ici : je suis à pleine ouverture et au 1/30è de seconde maxi. Un dernier rouleau en apnée avant de reprendre la route.


Zenza Bronica C + Zenzanon MC 75mm f/2.8
Ilford HP5+ & Ilfotec LC29

14 commentaires:

awangardo a dit…

you have incredible photos

Nicolas a dit…

Really ? Well thanks for saying that. :)

Alexandre a dit…

Bonjour Nicolas,

je découvre ton blog et ton travail et je trouve ça vraiment très chouette !

J'aime la façon dont tu mets des mots sur tes images ...

Je vois que nous avons pas mal de connaissances communes, de FlickR peut-être ...

bonne continuation

ps : tes NB sont superbes

Nicolas a dit…

Bonjour Alexandre, et merci !
Repasse quand tu veux... :)

Alexandre a dit…

Difficile de repasser puisque j'y suis encore ... Novembre 2009 ...

Sinon tu as un compte flickR ?

Nicolas a dit…

Ah bon alors bonne visite... :)
http://www.flickr.com/photos/nicolasbal/sets/
;)

les photos de ronan a dit…

à l'image de ton blog, cette série d'images prises à Paimboeuf es très réussie.
j'aime la rencontre entre une esthétique léchée et un regard humaniste.
ce mariage donne une belle portée à ton travail.
bravo.

Nicolas a dit…

Merci Ronan, c'est très gentil.

Maïté a dit…

Celles des pompes et de la caravane sont une invitation au voyage dans le monde du rêve en nuances de gris...

Nicolas a dit…

Oh merci Maïté. J'étais sur ton blog tout-à-l'heure, mais rien de nouveau depuis le 30 décembre ?! J'attends, moi... :)

Maïté a dit…

Mais c'est chose faite!
je sais je suis pas mal débordée en ce moment avec tous les travaux à rendre pour l'école, mais j'en ai sélectionné une petite partie pour mon blog..
;)

Vera a dit…

Un vrai roman photo! J'aime beaucoup!

murnau a dit…

excellent :)
la photo de sjeunes est ma préférée en partie en cause de la pierre 'michelin" qui indique l'endroit...
franchement, très beau ce portrait

Nicolas a dit…

Merci. Je n'ai pas encore trouvé l'occasion de leur donner un tirage, mais je vais le faire bientôt. :)