samedi 19 juillet 2014

Ganivelles

Pas grand chose à vous raconter. Je recherche un peu de poésie. Les ganivelles sont ces barrières de bois qu'on trouve au bord des plages. Elles servent à freiner le vent et le déplacement du sable sur les dunes. Elles protègent la faune et la flore.



J'ai grandi dans le Finistère, alors elles sont liées pour moi à l'enfance, aux premiers souvenirs de plage à Kermor, sur la commune de Sainte-Marine. Comme je photographie souvent les bords de mer, elles apparaissent ici et là dans mes photos depuis toujours.


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En mars et avril derniers, profitant des beaux jours je me suis promené au gré des sentiers et de la lumière. Quittant Nantes où je vis désormais, recherchant un peu d'air et d'espace. Des sensations aussi.




Ô lecteur improbable qui lirait encore ces lignes, un poème pour toi comme pour moi :

Sensation 

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, 
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue : 
Rêveur j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. 
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.


Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : 
Mais l'amour infini me montera dans l'âme, 
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien, 
Par la Nature, ― heureux comme avec une femme.


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Comme Rimbaud à 17 ans, j'ai eu envie de fugue pendant tout le printemps. J'ai disparu, ne laissant derrière moi que quelques mots, inquiétant inutilement les personnes qui me sont chères. J'ai connu quelques mauvais moments mais je me suis toujours repris en mains.





J'ai 37 ans et je ne sais pas ce qui m'arrive. J'essaye de prendre un tournant. J'ai laissé des lieux, des personnes derrière moi. Je suis arrivé à Nantes à bout de souffle et j'ai redémarré quelque chose pour moi, mais c'est trop tôt pour dire quoi, comment, pourquoi.

Les ganivelles sont aussi un symbole de ma nouvelle vie. Elles sont plantées dans le sol dans un endroit que j'aime.  Elles sont en bois brut. Elles sont un peu désuètes car, en réalité, elles ne peuvent arrêter ni le vent ni le sable. Elles dessinent le paysage. Elles délimitent les chemins.

mercredi 5 mars 2014

Nantes je t'aime

Même si j'ai souvent abandonné ce blog sur des périodes assez longues, je crois que je n'ai jamais autant procrastiné que pour écrire ce billet. Le titre, pourtant, je l'ai en tête depuis des semaines et des mois. Le contenu ? C'est un peu la suite des deux billets "N'être pas chez soi", finalement...




Depuis l'automne, j'ai passé beaucoup de temps à Nantes. De plus en plus. J'ai dû prendre quelques photos, sans doute. Elles ne sont pas encore développées pour la plupart. J'ai failli vingt fois arrêter la photo pour de bon, mais j'ai comme l'impression que je vais au contraire continuer de plus belle.




Nantes je t'aime pour tes quartiers, pour tes pierres, pour tes passants. Pour tes lumières en fin de journée, pour ton soleil au bord de l'Erdre. Nantes un jour j'aimerais habiter chez toi. Ça fait dix ans que je vis dans ce département, dix ans que je te tourne autour, dix ans que tu m'attends.

Nantes je t'aime et parfois, Nantes, je ne t'aime pas.

samedi 1 mars 2014

Les mots d'Henri


« Il faut réfléchir tout le temps, sauf quand on photographie»

« Nous sommes des aventuriers. Il y a la vie de tous les jours qui palpite et qui fout le camp. On est là et bouh ! Moi je suis un paquet de nerfs et j'en profite énormément... de ça. »

« Il ne faut pas vouloir : il faut être disponible, réceptif. Cézanne disait "quand je peins et que je me mets à penser, tout fout le camp"»

« Ce qui compte c'est ce qu'on fait demain matin, et dans une minute, et maintenant. »


— Henri Cartier-Bresson
in "Le siècle de Cartier-Bresson" par P. Assouline, Arte TV